COMMUNIQUE DE LA PRÉFECTURE 

du 30 juillet 1996



Ce communiqué a été rédigé à la fin du séjour en Guadeloupe, des deux épidémiologistes du RNSP (du 22 juillet au 3 août 1996). Il constitue une diffamation des médecins qui se sont occupés des Désiradiens et une tentative de détournement de la clientèle qui n'a eu aucun effet notable. Il contient plusieurs contre-vérités, notamment en ce qui concerne les analyses de l'eau.


PRÉFECTURE DE  LA  RÉGION  GUADELOUPE 

30/07/1996

 
        ÉLÉMENTS D'INFORMATION RELATIFS AUX CAS   "D'APPENDICITES"   
                                                CONSTATES A LA DÉSIRADE

                                                                _________
 

LE CONSTAT

Depuis le mois d'août 1995, un nombre élevé de personnes, demeurant à la Désirade, se sont plaint de douleurs abdominales. Consulté par les patients, le médecin généraliste de l'île a diagnostiqué le plus souvent des appendicites. Celles-ci ont été ensuite opérées pour la plupart à la polyclinique de Pointe-à-Pitre où, à ce jour, 220 ablations de l'appendice ont été effectuées.

Ce phénomène a été ressenti par la population comme une "épidémie d'appendicites". Compte tenu de son caractère massif d'une part, et aucun événement de ce type n'étant répertorié et reconnu au plan médical d'autre part, la D.D.A.S.S. a été amenée à prendre les mesures nécessaires propres à clarifier cette situation et à faire en sorte que les malades bénéficient des soins appropriés à leur état.
 

LES MESURES PRISES

Dans cette optique, la D.D.AS.S. a pris contact avec le réseau national de santé publique en février 1996, afin que des experts spécialisés en matière d'épidémiologie et d'environnement puissent apporter leur concours scientifique et opérationnel.

Au plan local des contre-analyses ont été diligentées. Ainsi, en
avril 1996, des enquêtes épidémiologiques ont été menées par des  médecins- inspecteurs, de la D.D.A.S.S.  A cette occasion, des appendices retirés après opération ont été examinés par le laboratoire de l'Hôpital Necker, à Paris. De même, à compter du mais d'avril, les dossiers de la plupart des patients qui doivent comporter notamment la description de leurs symptômes et les renseignements cliniques obtenus avant opération, ont été réétudiés. De plus, des analyses sanguines et fécales de chaque malade sont réalisées par le C.H.U. de Pointe-à-Pitre depuis juillet 1996.

Enfin du 25 au 28 juillet dernier, une enquête a été diligentée à la Désirade même, par deux médecins épidémiologistes du réseau national de santé publique en concertation avec la D.D.A.S.S. Elle a été l'occasion de nombreux échanges avec les élus, la population. Certaines associations ainsi qu'avec les membres concernés du corps médical.

S'agissant de l'eau, outre les prélèvements mensuels, la D.D.A.S.S. s'est attachée à en faire vérifier, fin juin 1996, de façon plus approfondie, la qualité,  par le centre de recherche et de contrôle des eaux de Paris ainsi que par l'Institut Pasteur, ce double contrôle étant justifié par le souci de ne laisser planer aucun doute quant à la potabilité.
 
 

LE RÉSULTAT DES MESURES PRISES

Il ressort clairement du résultat des analyses ainsi menées d'une part, que la qualité de l'eau fournie par le réseau est irréprochable et qu'elle est donc propre à la consommation. D'autre part, on ne peut parler en aucun cas d'épidémie d'appendicite, ni d'épidémie de salmonelle ou de bilharziose. Sur ce plan, il n'y a aucun problème de santé publique spécifique à l'île de la Désirade.
 
 

LES CONSEILS A LA POPULATION
 

Par conséquent, il est expressément recommandé aux habitants de la Désirade qui se plaindraient de douleurs abdominales persistantes de consulter le service de maladie infectieuse du Professeur STROBEL du C.H.U. de Point-â-Pitre (Tél. 89.15.46 ou 89.15.48). Les enfants devront être adressés auprès du service de pédiatrie.

Un accueil personnalisé sera réservé aux patients de la Désirade. Ils seront pris en charge dès leur arrivée à l'embarcadère de Saint-François, par un agent de la D.D.A.S.S. qui les conduira jusqu'au service de maladie infectieuse du C.H.U. Ces consultations hospitalières permettront d'effectuer un suivi médical individualisé et approprié.

De même, les habitants de la Désirade sont invités à consommer l'eau du réseau comme à l'accoutumée et à proscrire le recours à de l'eau contenue dans des citernes, celle-ci  n'offrant aucune garantie bactériologique. L'achat d'eau minérale en bouteille n'est, de ce point de vue, pas non plus nécessaire.
 

 
RÉPUBLIQUE FRANÇAISE

Liberté   EgaIité   Fraternité
 


.

.

}