RUPTURE DE LA CANALISATION


RAPPORT SUR LA RÉPARATION DE LA CONDUITE SOUS-MARINE

ALIMENTANT LA DÉSIRADE EN EAU POTABLE

Ce rapport se trouve à la page 53 du Rapport d'Investigation du RNSP. Il a été signé par l'Ingénieur Divisionnaire des Travaux Ruraux et du Service de l'Equipement Rural et de l'Hydraulique.
           
Trois remarques importantes :


- La réparation a été provisoire ; depuis, la canalisation s'est rompue à deux reprises au même endroit, en 1997 et 1999. Chaque fois il a été fait une réparation provisoire.

- Alors que la réparation a été terminée le 24/09/1995 à 11 heures, la remise en eau a été effectuée à 11 heures 45. Il est précisé que la canalisation sous-marine a été purgée, mais aucune indication n'est donnée a propos du Château d'Eau. Précisons que ce dernier a été construit en 1974 et qu'il n'avait jamais été nettoyé. C'est un immense bâtiment en béton dont la température intérieure est proche de 40°C. De plus il présente de nombreuses ouvertures, permettant à de petits animaux d'y pénétrer et d'y mourir. Il en est de même des feuilles de Mancenilliers qui entourent le bâtiment. Au moment de la remise en eau, il venait de s'écouler trois semaines, pendant lesquelles une eau croupissante surnageait un sédiment d'environ 1 m de hauteur et présentait une température d'environ 40°C. Il n'est pas étonnant que le retour de l'eau sur la Désirade a été accompagné d'une vague de gastro-entérites et douleurs abdominales. La quantité considérable d'eau de javel jetée dans cette eau a dû donner un mélange remarquable. Peu d'hommes dans le monde ont eu à boire une eau de cette qualité, qualifié par la DDASS : EAU POTABLE.

- Malgrés ce qui est affirmé, la pollution par les hydrocarbures de l'EDF, a pollué la nappe phréatique de la Désirade, puisque les désiradiens qui ont des puits, y ont retrouvé du mazout. Curieusement, cette pollution n'a fait l'objet d'aucune recherche d'hydrocarbures, dans l'eau du réseau par la DDASS. Pourtant des canalisations d'eau potable étaient intéressées par cette pollution. Les Autorités Sanitaires se sont fiées au goût et à l'odeur de l'eau !!!

1 - CARACTÉRISTIQUES  DE  LA  CONDUITE

1 - 1 - Site

La conduite part de la Pointe des châteaux, côté Grande Terre de la Guadeloupe,
pour arriver à l'Anse des Galets, côté Désirade.

1 - 2 -  Conduite

Pipe acier diamètre extérieur 273    mm
Épaisseur 9,5 mm
Revêtement intérieur en béton 6   mm
Polyéthylène extérieur 5  mm
Poids au ml 154 kg/air

2 - HISTORIQUE  DE  LA  RUPTURE  DE  LA  CANALISATION

Après le passage du cyclone LUIS (4-5 septembre 1995), la Désirade ne recevait plus d'eau venant de la Guadeloupe par l'intermédiaire de la canalisation sous-marine. La société fermière (SOGEA Guadeloupe) a fait appel à la Société d'Étude d'Assistance et Travaux Spéciaux (SETRAS), spécialisée en travaux sous-marins, le 9 septembre 1995 en fin d'après-midi pour une visite de la canalisation en vue de repérer une cassure éventuelle et réaliser une vidéo sous-marine dans l'environnement de celle-ci.
                   
Cette cassure, à  -13 m  d'eau a été trouvée, côté la Désirade, le 10/09/1995. De part et d'autre de la conduite, les ancrages et les chaises sont cassés, le béton de lestage est enlevé.

                   
Compte tenu de l'avarie importante il est demandé, via la DAF et le SIAEAG, de faire une connexion provisoire pour alimenter la Désirade en eau. Des manchons spéciaux ont été commandés aux États-Unis, dès le 12/09/1995 et une manchette en acier (non revêtu en ciment) a été fabriquée sur place.

                   
Compte tenu du passage du cyclone MARYLIN, du temps d'arrivée des manchons et du temps de pose, la réparation et vérification de l'étanchéité de la canalisation ont été réalisées et terminées le 24/09/1995 à 11 heures. La remise en eau a été effectuée à 11 heures 45.

                   
La canalisation sous-marine a été purgée (plus de 1 500 m3 d'eau rejetée, alors que le volume de la canalisation sous-marine est inférieur à 450 m3) et désinfectée avant de remplir le réservoir de la Désirade.

 

3 - CONSTATATIONS

Toutes les analyses d'eau (physico-chimiques et bactériologiques) qui ont été réalisées par la suite et jusqu'à ces derniers jours, n'ont rien révélé d'anormal (sauf un Ph plus élevé que la norme, mais cela était déjà le cas avant la cassure). Il est à noter que l'eau, partant de Saint-François, est douce et qu'à son arrivée à la Désirade, son Ph a augmenté.

Temps de séjour de l'eau dans la canalisation : la consommation de la Désirade est peu importante, en regard de la longueur de la canalisation sous-marine. L'eau reste plusieurs jours (3 à 4 jours) avant d'être consommée.

Autre hypothèse de pollution de l'eau : une fuite de mazout a été détectée et réparée sur les réservoirs de la centrale EDF. Cette fuite aurait pu polluer accidentellement des puits des désiradiens. Mais aucune odeur n'a été détectée et aucune plainte n'a été déposée à ce jour. Une pollution du réseau d'eau public est peu probable, car il aurait fallu des conditions spéciales : dépression de la canalisation et trous dans cette canalisation à l'endroit de la pollution du mazout. Aucune plainte, sur l'odeur ou le goût de l'eau potable n'a été enregistrée.



4 - CONCLUSION

L'eau a semblé être le dénominateur commun des cas de douleurs abdominales enregistrés à la Désirade. Malgré que l'île se trouve au bout de réseaux de distribution d'eau potable, malgré le temps de séjour de l'eau dans les canalisations, les analyses physico-chimiques et bactériologiques n'ont rien révélé d'anormal.
                   
Il serait intéressant de poursuivre l'investigation afin de vérifier s'il ne s'agit pas de parasitoses.

                                                                                        JCB/MLR/12/07/1996